La marée
« Une marée est un mouvement régulier et alternatif de montée (marée haute) et de descente (marée basse) du niveau de la mer, causé principalement par l'attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil sur les masses d'eau de la Terre. »
« Marnage : différence de hauteur entre la pleine mer et la basse mer (hauteur d'eau à marée haute − hauteur d'eau à marée basse). »
Marée haute
Pleine mer — le niveau de la mer atteint son maximum avant de redescendre.
Cycle
Entre deux marées hautes (ou deux marées basses), il s'écoule environ 12 heures et 25 minutes.
Marée basse
Basse mer — le niveau de la mer atteint son minimum avant de remonter.
Les causes des marées
Les marées sont dues à l'attraction gravitationnelle de deux astres :
La Lune — principale responsable
Elle attire l'eau des océans et crée une bosse d'eau du côté de la Terre qui lui fait face.
Le Soleil — influence complémentaire
Son influence est moins forte, mais elle s'ajoute ou s'oppose à celle de la Lune selon les moments.
Les marées influencent…
La navigation
Il est parfois nécessaire d'attendre la marée haute pour entrer ou sortir d'un port ou franchir un banc de sable.
La pêche
Certains poissons suivent le rythme des marées et se rapprochent du rivage à certains moments du cycle.
L'écosystème côtier
De nombreux animaux (crabes, moules, patelles…) vivent au rythme des marées dans la zone intertidale.
L'énergie
Les centrales marémotrices utilisent la force des marées pour produire de l'électricité (ex. : barrage de la Rance).
La baignade — ⚠️ danger
Selon le niveau d'eau, les dangers changent : apparition ou disparition de baïnes, formation de vagues, modifications des courants.
Les vagues
« Une vague est une ondulation qui se forme à la surface d'un liquide. Elle est souvent causée par le vent soufflant sur l'eau, mais peut aussi résulter d'autres phénomènes (séismes sous-marins, marées, glissements de terrain…). »
Formation des vagues et de la houle
À l'origine des vagues, il y a le vent — mais pas celui qui souffle sur la côte. Une vague naît de la pression du vent du large. Le vent déforme l'eau qui se met à onduler : plus le vent souffle fort et longtemps sur une grande surface, plus la déformation est importante. Ce mouvement s'appelle la houle.
Schéma de formation d'une vague à l'approche du littoral
Le Shorebreak — danger grave
Le shorebreak est une condition océanique dangereuse où les vagues déferlent directement sur le rivage, sans zone d'eau peu profonde entre la vague et le sable. Il se produit lors d'une transition rapide entre eaux profondes et eaux très peu profondes.
Risques du shorebreak
- Sa puissante énergie peut projeter toute personne contre le sable dur, les rochers ou les coraux du fond marin
- Peut provoquer de graves blessures à la tête, au cou, à la moelle épinière et aux extrémités
- Particulièrement dangereux en eaux peu profondes — restez à l'écart du rivage !
Le vent
« Le vent est un déplacement de l'air dans l'atmosphère, causé par des différences de pression entre deux zones. Il souffle toujours d'une zone de haute pression (anticyclone) vers une zone de basse pression (dépression). »
Anticyclone → Dépression
Lorsque vous dégonflez le pneu de votre vélo, l'air s'échappe vers l'extérieur car la pression dans le pneu est plus importante qu'au dehors. L'air cherche à rééquilibrer les pressions — c'est exactement ce qui se passe dans l'atmosphère à grande échelle.
L'air s'écoule des zones de hautes pressions (anticyclones) vers les zones où la pression est la plus basse (dépressions). Plus la différence de pression est importante, plus le vent sera fort. La direction du vent est indiquée par la girouette : un vent du Nord vient du Nord et se dirige vers le Sud.
L'échelle Beaufort et les drapeaux de surveillance
La vitesse du vent s'estime à l'aide de l'échelle Beaufort, du nom de l'amiral britannique qui la conçut. Elle représente les effets mécaniques causés par le vent et est principalement utilisée par les marins et les sauveteurs.
Vent < 3 Beaufort → Drapeau VERT
Surveillance normale possible. Conditions favorables pour les baigneurs. Pas de danger lié au vent.
Vent entre 3 et 5 Beaufort → Drapeau JAUNE
Danger limité. Baignade surveillée avec prudence. Attention particulière aux nageurs s'éloignant du bord et aux petites embarcations. Danger réel de dérive.
Vent ≥ 6 Beaufort → Drapeau ROUGE
Baignade interdite. Vent dangereux pour tous. Risques majeurs de noyade et d'accidents nautiques.
| N° | Termes descriptifs | Vitesse moyenne en nœuds | Vitesse moyenne en km/h | Aspect de la mer |
|---|---|---|---|---|
| 0 | Calme | <1 | <1 | La fumée s'élève verticalement. La mer est comme un miroir. |
| 1 | Très légère brise | 1-3 | 1-5 | Quelques rides se forment, mais il n'y a pas d'écume. |
| 2 | Légère brise | 4-6 | 6-11 | Vaguelettes courtes ne déferlant pas. |
| 3 | Petite brise | 7-10 | 12-19 | Les moutons apparaissent. Vaguelettes courtes ; leurs crêtes ne déferlent pas. |
| 4 | Jolie brise | 11-16 | 20-28 | Petites vagues devenant plus longues. Moutons nombreux. |
| 5 | Bonne brise | 17-21 | 29-38 | Vagues modérées allongées. Moutons nombreux. |
| 6 | Vent frais | 22-27 | 39-49 | Des lames se forment. Crêtes d'écume blanche plus étendues. |
| 7 | Grand frais | 28-33 | 50-61 | Lames déferlantes, traînées d'écume, la mer grossit. L'écume est soufflée en traînées. |
| 8 | Coup de vent | 34-40 | 62-74 | Lames de hauteur moyenne ; de leurs crêtes se détachent des tourbillons d'embruns. |
| 9 | Fort coup de vent | 41-47 | 75-88 | Visibilité réduite par les embruns, grosses lames déferlantes. Leur crête s'écroule et déferle en rouleaux. |
| 10 | Tempête | 48-55 | 89-102 | Grosses lames déferlantes. Visibilité réduite par les embruns. |
| 11 | Violente tempête | 56-63 | 103-117 | Très grosses lames déferlantes. Visibilité réduite par les embruns. Mer recouverte de bancs d'écume blanche. |
| 12 | Ouragan | >64 | >118 | Très grosses lames déferlantes. Visibilité très réduite par les embruns. |
L'échelle de Beaufort (0 à 12) — chiffre 0 = Calme (mer comme un miroir) — chiffre 10 = Tempête (grosses lames déferlantes)
Le vent de terre — danger spécifique
Le vent de terre pousse vers le large
Un vent de terre est particulièrement dangereux pour tout ce qui est à fleur d'eau. En peu de temps, il peut emporter une bouée gonflable, un matelas pneumatique ou une planche très loin de la berge, entraînant le baigneur vers le large sans qu'il puisse regagner le bord à la nage.
Les baïnes
Baïne à marée basse sur une plage landaise
Qu'est-ce qu'une baïne ?
Petite bassine en basque (aussi appelée bâche en Bretagne et dans la Manche), la baïne s'apparente à une grande cuvette d'eau ou piscine naturelle. Très présentes sur les plages landaises, les baïnes attirent les baigneurs et les enfants par leur aspect calme et sans vague. Sous cette surface à l'apparence paisible se cachent de puissants courants qui entraînent les baigneurs vers le large. Chaque année, elles font de nombreuses victimes !
Comment fonctionne une baïne ? — Le mécanisme en 3 étapes
Marée basse — Formation
Les mouvements d'eau des marées précédentes ont déformé la plage et formé une cuvette. Un banc de sable s'est constitué entre la cuvette et la mer, la séparant de l'eau.
Marée montante — Remplissage
La marée monte. La vague déferle sur le banc de sable et remplit la cuvette. Le banc de sable disparaît sous l'eau. La cuvette se remplit et déborde — l'eau doit s'évacuer.
Le courant de baïne !
L'eau s'échappe là où il y a le plus de profondeur, entraînant les baigneurs vers le large. À marée descendante, le courant se renforce encore. Renforcé aussi par les vagues successives.
Comment sortir d'une baïne — les bons réflexes
Ne PAS faire
Ne pas chercher à rejoindre la plage en nageant droit devant soi contre le courant — vous vous épuiseriez sans avancer.
À faire
Nager parallèlement à la plage pour sortir du courant, puis revenir vers le bord avec les vagues.
Si vous êtes épuisé
Restez calme, flottez sur le dos, faites des signaux et attendez les secours. Appelez à l'aide !
Vidéo pédagogique
La plage et ses dangers — C'est pas sorcier
Urgences en mer — Conduites à tenir
Piqûres, coups de chaleur, coups de soleil et pollutions
En tant que sauveteur, vous serez régulièrement sollicité pour des accidents bénins mais douloureux : piqûres d'animaux marins, expositions solaires, accidents thermiques. Voici les conduites à tenir standardisées.
- Douleur d'apparition immédiate, importante — sensation de brûlure, choc électrique ou démangeaison pendant 1 à 2 heures.
- Lésions érythémateuses (rougeurs) en relief qui démangent.
- Porter des gants avant tout contact avec les tentacules.
- Rendre inertes les tentacules en aspergeant les zones contaminées avec une solution alcoolique ou du vinaigre. JAMAIS d'ammoniaque ni d'eau claire.
- Sécher la région blessée avec une poudre sèche (farine, talc…) ou mousse à raser. Pas de sable.
- Racler doucement l'ensemble avec un abaisse-langue pour retirer les nématocystes.
- Rincer les lésions à l'eau de mer, puis désinfection habituelle comme toute plaie.
- Douleur immédiate, aiguë, intense, parfois insupportable.
- Plaie discrète et punctiforme, parfois ecchymotique.
- Œdème quasi constant, rouge et dur — localisé ou étendu.
- Peut provoquer des nécroses de la peau.
- Préparer un bain de pied à l'eau chaude autour de 45°C — la toxine de la vive est thermolabile (détruite par la chaleur). A défaut, faire marcher la victime sur le sable chaud.
- Maintenir le membre immergé parfois plus de 30 minutes jusqu'à disparition de la douleur.
- Désinfection habituelle comme toute plaie.
- Vérification de la protection antitétanique.
- Douleur d'apparition immédiate, importante.
- Piquants potentiellement enfouis profondément — peuvent rester très longtemps dans la peau.
- Essayer d'enlever le maximum de piquants à la pince à épiler ou en fixant un adhésif et en tirant dans l'axe.
- Appliquer une couche épaisse de vaseline sur la zone piquée.
- Le lendemain, la plupart des piquants seront sortis ou très faciles à extraire.
- Désinfection habituelle comme toute plaie + vérification de la protection antitétanique.
- Demander un avis médical si nécessaire (piquants profonds, signes infectieux).
- Douleur d'apparition immédiate, importante.
- Réaction locale : plaque rouge autour du point de piqûre.
- Si c'est une abeille : retirer le dard en raclant avec un abaisse-langue (ne jamais pincer le dard — cela injecte davantage de venin).
- Approcher une source de chaleur près de la piqûre pendant 1 à 2 minutes sans brûler la peau.
- Désinfection habituelle + vérification de la protection antitétanique.
- Si apparition de signes à distance du point de piqûre : urticaire généralisée, difficultés respiratoires, vertiges.
- Mettre au repos, contacter le 15 immédiatement — risque de choc anaphylactique.
- Surveiller en continu jusqu'à l'arrivée des secours.
- Température du corps élevée.
- Maux de tête, malaise, peau rouge et chaude.
- Supprimer la cause : mettre à l'ombre dans le poste de secours, à l'abri de la chaleur.
- Si conscient : réhydrater avec de l'eau, souvent mais en petite quantité à chaque fois.
- Envelopper dans une serviette mouillée d'eau froide.
- Apposer une compresse humide sur le front.
- Demander un avis médical au 15.
- Rougeur de la peau sans cloques (1er degré).
- Ne pas s'exposer directement au soleil : mettre un tee-shirt ou s'abriter.
- Conseiller d'appliquer une pommade contre les coups de soleil (demander conseil au pharmacien).
- En cas de rougeur étendue, demander un avis médical au 15.
- La victime présente des taches de pétrole ou d'hydrocarbures sur une partie de sa peau.
- Porter des gants avant de toucher la zone souillée.
- Diluer la tache avec de l'huile de table et du papier absorbant.
- Nettoyer ensuite à l'eau et au savon.
QCM — Dangers mer
10 questions tirées aléatoirement dans ce chapitre. Répondez à toutes les questions puis validez pour voir votre score et les corrections.
Quelle vérification médicale doit être effectuée après une piqûre de vive ou d'oursin en plus de la désinfection de la plaie ?
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